Interview d’Isabelle BADOC, Product Marketing Manager chez GENERIX Group

Interview d’Isabelle BADOC, Product Marketing Manager chez GENERIX Group

Depuis plus de 25 ans GENERIX accompagne plus de 500 professionnels dans le monde entier dans leurs enjeux supply chain au travers de ses solutions SaaS. Dans le cadre du partenariat entre l’ASLOG et GENERIX pour l’organisation de la seconde édition des Rencontres Internationales de la Supply Chain 2019, l’ASLOG a échangé avec Isabelle BADOC sur sa vision des solutions et de la maturité des entreprises à déployer des solutions de livraisons durables.

Selon vous, quel est le frein à la mutualisation des flux et des volumes afin de limiter l’impact du transport et des livraisons sur l’environnement ?

Pour les plus gros chargeurs, le pilotage des flux est un élément de différenciation commercial et d’économies d’échelles. Du fait de l’importance de leurs flux, les grandes entreprises n’ont pas envie de partager leur positionnement marketing et de différenciation.

Bien évidemment, les plus petites entreprises, quant à elles, y voient un intérêt certain, car cette mutualisation leur permet d’atteindre le même niveau de service que les plus grands acteurs du marché et peuvent ainsi se positionner dans leur sillage.

La mutualisation, ce n’est pas uniquement mettre des moyens en commun, c’est trouver des résultats durables et un modèle qui répartit les bénéfices de cette mutualisation équitablement.

Sur le papier, toutes les études le montre, la mutualisation c’est la bonne solution, nous ce que l’on observe pour l’essentiel, c’est que les entreprises cherchent d’abord à avoir une bonne réponse en interne avant de passer sur des solutions mutualisées.

Si les projets de mutualisation ne parviennent pas à atteindre une taille critique, ils ne sont pas durables.

Que pensez-vous des solutions de logistique urbaine décarbonnées actuellement disponibles sur le marché ?

La difficulté pour un chargeur est de trouver une solution universelle pour toutes les villes à desservir dans une même région et un même territoire. Sauf que dans les faits, Il y a pour l’essentiel, surtout des initiatives locales qui ne sont pas dupliquées partout.

Pour qu’une solution soit adoptée par un chargeur, il faut que celle-ci lui permette très rapidement de livrer tous ses clients à travers le territoire. D’autant plus que le e-commerce a intensifié le phénomène. N’importe quel professionnel peut vendre partout en France et dans le monde.

Avez-vous déjà mis en place des solutions de mutualisation pour vos clients ?

GENERIX est pilote sur le déploiement de solutions de mutualisation des flux. Par ailleurs, certains secteurs y sont passés depuis un certain temps, comme la grande distribution. Mais pour le moment, ce qu’attendent nos clients ce sont des solutions pour gérer de façon optimale l’omnicanal propre à leur entreprise.

Nous permettons à nos clients de mieux piloter les flux, mieux charger les camions et de connecter des acteurs qui leur offrent des solutions plus vertueuses. Mais on observe encore très peu une mise en commun des moyens pour mutualiser les flux.

Ce qui est beaucoup demandé à GENERIX, c’est de connecter des solutions multiples de livraison pour répondre aux exigences de leurs clients.

Qu’est-ce qui freine, par ailleurs, les solutions de livraison durable ?

La question de la livraison n’est pas le seul enjeu. Il faut des centres de livraison intra-urbains, suffisamment conséquents, pour que les chargeurs puissent stocker et livrer dans la ville dans la journée. En se concentrant uniquement sur du flux éclaté, on aura du mal à faire mieux que les solutions déjà existantes.

Dans les demandes de vos clients où en est le critère « environnement » dans les cahiers des charges ?

Le levier le plus important reste le prix. Toutefois, Il y a ceux qui font de l’environnement un axe de communication, et dans ce cas, ils vont faire des expérimentations sur des zones limitées.

En effet, un très gros industriel doit livrer partout. Donc, il peut mettre en place sur quelques spots des livraisons « douces » sur lesquelles il va communiquer, mais pour livrer la majorité du territoire, il va utiliser les modes de transport « classiques ».

Ne devrait-on pas systématiser la proposition de livraisons « vertes » auprès des clients, tant particuliers que professionnels ?

Le client est celui qui dicte le mode de livraison. À tel point que nous menons une étude pour évaluer la maturité des clients finaux sur leurs motifs de décisions. Qu’est-ce qui influe le choix ? Le service ou l’aspect environnemental ?

Sur le BtoB, les chargeurs proposent désormais à leurs clients la notation TK’BLUE des modes de transports afin de les accompagner dans la prise de décision, surtout si l’environnement est un critère de choix.

Rapidité, flexibilité et coût sont les attentes minimales des clients. Il faut donc parvenir à référencer des solutions durables qui répondent à ses attentes.

Le client est prêt à payer plus cher certaines prestations de service, comme être livré d’un meuble monté dans la pièce de son choix. En revanche, aujourd’hui dans les services au consommateur, il manque totalement le service environnemental et/ou sociétal.

Il faut tester et mesurer pour voir si lorsqu’on ajoute cet aspect environnemental dans l’équation « livraison », le consommateur le considère comme un service client.