La smart Supply Chain s’invite à la 5e édition du HUBDAY Future of Retail & E-commerce

La smart Supply Chain s’invite à la 5e édition du HUBDAY Future of Retail & E-commerce

À l’initiative du Hub Institute et en co-construction avec la structure de veille et d’intelligence économique dédiée à la Supply Chain : SprintProject, la smart Supply Chain a désormais pris sa place parmi les problématiques adressées lors du HUBDAY Future of Retail & E-commerce. L’idée ? Balayer l’ensemble de l’écosystème Supply Chain et comprendre la transition écologique qui attend le secteur. Aux côtés du e-store et de l’expérience client, le sujet de la smart Supply Chain a donc été l’objet d’une matinée de témoignages des acteurs du secteur. Parmi eux, des membres de l’ASLOG.

« IA, voice et impression 3D, trio gagnant de la Supply Chain de demain »

 Fabien Esnoult, Président et fondateur de SprintProject

Pour entrer de plain-pied dans l’univers de la Smart Supply Chain, Fabien Esnoult, à l’origine même de cette appellation, détaille les grandes tendances retail 2020 du CES & du NRF. « Moins de gadgets, des tendances technologiques fortes ». Ce dernier constate une entrée en profondeur « dans les technologies qui viendront bouleverser la Supply Chain : IA, voice, fusion des deux, 3D… » et insiste sur les liens évidents entre IA, data et innovations en robotique : « un sujet mature qui rencontre aujourd’hui un marché disponible ». Le Président de SprintProject présente ainsi trois grandes thématiques :

  • La « pragmatic AI » et la capacité à transformer les données en des actions intelligentes,
  • La Supply Chain delivery et avec elle l’amélioration des process de livraison,
  • La personnalisation et le 3D printing qui « devraient bouleverser nos façons de collaborer au sein de la Supply Chain ».

« Quels sont les enjeux des métiers de la Supply Chain ? »

Yann de Feraudy, Président de l’ASLOG et Deputy CEO operations & IT du Groupe Rocher

En 2018, lors des toutes premières Rencontres Internationales de la Supply Chain organisées par l’ASLOG, l’association plaçait la Supply Chain au cœur de la stratégie d’entreprise. Preuve de la nécessité de démontrer les liens étroits entre les deux sujets. Deux ans plus tard, pour illustrer son propos lors des HUBDAY, Yann de Feraudy, en sa qualité de Deputy CEO operations & IT du Groupe Rocher, détaille l’ensemble des activités que couvre son poste : intralogistique, transport, planification industrielle, Supply Chain, achats et IT. « Finalement, à part la météo et les décalages calendaires, tout est de ma faute en cas de problème : qu’il s’agisse de qualité, de coût ou de ruptures produit… » Yann de Feraudy identifie ainsi un ensemble de lignes de force qui s’appliquent aux métiers de la Supply Chain : la RSE, d’abord où « la loi Sapin 2 nous met face à nos responsabilités de manière extrêmement forte » ; la sécurité informatique, liée au travail ou aux approvisionnements mais aussi la formation : « la Supply Chain est complexe et étendue, d’où la nécessité de pouvoir compter sur des collaborateurs très bien formés. À ce propos, l’ASLOG dresse un inventaire des formations et force est de constater que cela ne se bouscule pas aux portillons. Le secteur fait toujours face à un problème de réputation, d’attractivité, mais aussi de diversité ». La flexibilité, mais également la problématique du dernier kilomètre sont aussi parmi les sujets phare du secteur : « l’ASLOG s’est d’ailleurs emparée du sujet au travers de l’initiative E.Vo.L.U.E* », signale Yann de Feraudy. « Dans ce cadre, la ville et la proximité seront les enjeux de demain. Je rêve d’ailleurs d’une Supply Chain fluide, flexible, rapide et hyper connectée dans les villes, avec nos clients, nos fournisseurs et toutes les parties prenantes. »

 

* E.Vo.L.U.E = Engagement VOlontaire pour une Logistique Urbaine Efficiente

« Pourquoi et comment bâtir une Supply Chain agile ? »

Sébastien Liorzou, Directeur Supply Chain du groupe Carrefour

« Le grand écart est phénoménal entre la simplicité et la fluidité apportées au client et la complexité et l’agilité nécessaires pour répondre à sa demande. Toutes les Supply Chain ont leurs lots de spécificités, challenges et difficultés… mais force est de constater que le e-commerce alimentaire en cumul de nombreuses. 50 % des commandes drive sont en J pour J et dans des créneaux de plus en plus courts et précis. Idem sur la nature des commandes qui compte plus de 40 produits chacune. Cela nous oblige à une excellence opérationnelle exponentielle extrêmement forte », explique Sébastien Liorzou, lors de sa prise de parole. Chez Carrefour, les solutions à ces problématiques se trouvent dans des réponses opérationnelles multiples, pensées en fonction des clients : « Nous nous appuyons sur des outils de production régionalisés au plus proche des clients pour être rapide. À cette adaptabilité et cette rapidité s’ajoute aussi l’innovation : des solutions robotiques pour industrialiser nos process dans des petites surfaces, des stocks en temps réel, un modèle de prévision avancé et abouti via l’IA ainsi qu’un OMS. Et une fois que ces outils sont réunis, reste le plus important : les équipes. Car c’est sur elles que repose l’agilité de la Supply Chain. D’où la nécessité de savoir les accompagner au changement », conclut Sébastien Liorzou.

« Customer Delivery Experience : comment être agile dans un monde omnicanal ? »

Stéphanie Rott, Directrice Supply Chain & manufacturing du groupe LVMH

En 2019, LVMH Moët Hennessy Louis Vuitton réalise des ventes de 53,7 milliards d’euros, en progression de 15 %. Derrière ces résultats records, figure l’un des enjeux majeurs du groupe : l’expérience client, « un asset qui participe largement au succès de nos Maisons », signale Stéphanie Rott. « Or si nous investissons beaucoup dans nos boutiques et online, il y a tout un pan du sujet sur lequel nous ne l’avons pas encore fait : la customer delivery experience. Sur ce sujet, les solutions sont à inventer. Chez nous, il s’agit de lier l’attente de nos clients et l’exigence de nos Maisons via de la précision, de la flexibilité, de l’humain et de la personnalisation et tout cela de façon parfaitement durable d’un point de vue social, environnemental et économique », poursuit-elle. Pour adresser cet enjeu, les Maisons du groupe, conscientes de l’urgence d’agir, ont choisi de travailler ensemble, « cela parait évident mais chez LVMH, il s’agit de tout un symbole car toutes les Maisons sont autonomes », souligne Stéphanie Rott. « Concrètement, au-delà de la prise de conscience, nous sommes parvenus à faire émerger une vision et une ambition commune », conclut-elle. A ses côtés, Julien Morel, Directeur Supply Chain de Rimowa, confirme : « il faut augmenter cette expérience pour accélérer la transformation omnicanale. Pour ce faire, nous investissons sur deux axes, l’un fonctionnel et le second émotionnel. L’humain est essentiel, en témoigne le principe de symétrie des attentions : la qualité de l’expérience apportée par le livreur est égale à celle que nous allons procurer à ce dernier. »

« Le futur de la livraison du dernier kilomètre : tendances et solutions à horizon 2025 »

Antoine Carteyron, Directeur général France de Stuart

C’est ensuite au tour d’Antoine Carteyron de Stuart, spécialiste du dernier kilomètre et de la livraison de colis appartenant désormais au Groupe La Poste, de dresser un panorama des tendances et solutions du secteur sur les prochaines années. « Multiplication des flux e-commerce par trois, généralisation du jour J et de l’express, saturation du dernier km et explosion du transport urbain : les livraisons vont croitre de 78 % au global à horizon 2030. Sans actions correctives, le nombre de véhicules de livraison circulant dans les 100 plus grandes villes augmentera de 36 % à horizon 2030. Résultats ? Une hausse des émissions liées à la livraison de 32 % et une augmentation de la congestion de 21 % », détaille-t-il. Alors, face à ce constat, Stuart entend « construire des flux pour un monde durable ». Pour ce faire, l’entreprise cherche à mettre en place un modèle plus vertueux par le biais de nombreux leviers tels que la réduction du vide, le développement d’une flotte de véhicules écoresponsables, la mise en place d’une stratégie de pooling pour mutualiser en temps réel les livraisons ou bien encore l’augmentation du taux de groupage du dernier kilomètre via la généralisation des consignes multimarques… « c’est un modèle testé aujourd’hui et que nous sommes convaincus de pouvoir expérimenter massivement en 2025 », assure Antoine Carteyron.

« E-commerçant et startup, co-construction et déploiement d’une logistique performante et responsable »

James Rebours, Directeur Innovation et Performance Supply Chain de CDiscount

Figure du e-commerce français, Cdiscount, détaillait pour sa part sa stratégie d’accompagnement des start-up et sa volonté de créer les conditions du succès de la transformation et de renforcement de la Supply Chain. 25 millions de colis dans 50 000 m² d’entrepôts, 60 millions de produits, 24 000 points relais… Les chiffres affichés par Cdiscount sont étourdissants. Alors, pour gérer au mieux sa Supply Chain, l’entreprise cartographie ses besoins et échange avec tous les métiers pour innover sur quatre champs d’action – améliorer les conditions de travail, déployer une initiative écoresponsable, optimiser la performance et proposer une expérience client enrichie – et développer une démarche d’open innovation à l’échelle temporel des start-up. En résulte de l’accompagnement, du co-design de solution et des projets à long termes. Parmi les plus connus, le travail sur la robotique avec Exotec Solutions, sur la gestion des retours avec Shoprunback, l’écoresponsabilité avec Agrikolis… Et pour 2020, de nouvelles innovations sont à venir autour de l’IA et de l’environnement. Cdiscount travaille notamment avec la jeune pousse Living Packets et ses colis connectés et réutilisables ou bien encore Froglabs sur les enjeux de l’intelligence artificielle au service de la prédiction des retards.

« Entrepôts automatisés : gains de performance et défi managérial »

Patrice Fitzner, Directeur logistique de La Redoute

Parce que le projet de transformation de La Redoute fait figure d’exemple dans le secteur, Patrice Fitzner s’est lui aussi prêté au jeu de la Keynote pour présenter à la salle, la stratégie mise en place et ses bienfaits. « En 2015, nous avons refondu l’ensemble de notre organisation logistique. Nous avons divisé l’ensemble des surfaces par quatre, multiplié les références par deux et quasiment multiplié par sept notre capacité au niveau du picking ». Le projet a nécessité une reprise complète du modèle et l’implication de l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise. « Cela a été un enjeu d’adaptation des organisations et un défi managérial majeur. Le plus important a été d’anticiper ce défi, d’accompagner le changement et de former les collaborateurs. Il a fallu définir de manière très détaillée les modes de réaction avec une évolution des compétences qui demande de plus en plus la maîtrise d’outils de gestion de données ».

« Smart City, Smart Data, Smart Energy, Smart Building… Quels impacts pour les métiers de la Supply Chain ? »

François Deprey, CEO de GS1

Autre sujet incontournable du secteur, la data. Et pour insister sur cette thématique essentielle, c’est tout naturellement, François Deprey qui prend la parole : « Aujourd’hui, le mouvement est d’avoir de plus en plus de données. Tout le monde s’interconnecte en commençant par le consommateur. Mais la donnée a besoin de circuler. La Supply Chain représente le lien entre tout cela, elle s’avère donc extrêmement importante dans cette dynamique, mais pour que cela fonctionne, il faut de l’interopérabilité. On parle beaucoup d’IA, d’open data… Mais nous n’en sommes qu’au début. Il est nécessaire d’organiser les données. Sur le sujet, la maturité des entreprises est encore relativement faible. Or, le seul moyen d’entrer dans l’économie circulaire, sera de passer par l’IA et la structuration des données ».

Des nouvelles technologies, des enjeux multi-impacts, une expérience client réinventée, une livraison du dernier kilomètre repensée, des innovations, de l’automatisation et surtout de la data, tels sont ainsi les aspects les plus représentatifs de la Supply Chain d’aujourd’hui et de demain. Acteurs majeurs de leurs organisations, agitateurs d’un écosystème en pleine ébullition, une fois encore, au travers de leurs témoignages, les intervenants ont su démontrer la mobilisation de toute une filière au service d’une Suppy Chain responsable, vertueuse et efficiente.