L’ASLOG dresse un « panorama de la digitalisation » pour 2019-2020

L’ASLOG dresse un « panorama de la digitalisation » pour 2019-2020

Le 3 décembre dernier à l’occasion du Supply Chain Event, l’ASLOG dévoilait en exclusivité son panorama de la digitalisation 2019-2020. Une enquête menée auprès de ses adhérents pour évaluer leur maturité en matière de digitalisation de la Supply Chain, inscrite dans le cadre de son accompagnement proposé aux PME/ETI. 

En tant que PME/ETI, comment se positionner vis-à-vis de ses pairs et tirer expérience des difficultés ou des succès rencontrés en matière de digitalisation de la Supply Chain ? Une problématique complexe qui suscite l’intérêt grandissant des entreprises. En témoigne la salle pleine à craquer venue découvrir les résultats de l’enquête menée par le LAB Digital de l’ASLOG pour évaluer la maturité des entreprises en la matière lors de l’édition 2019 du salon Supply Chain Event, à la Porte de Versailles 

Présents pour développer les tenants et les aboutissants de ce « panorama de la digitalisation », François Martin-Festa, VP Digital Customer Experience – Offer Data and Digital Order management de Schneider Electric ; Jean-Marc Soulier, CEO de Métis Consulting – Wavestone et William Zanotti, co-fondateur et CEO de DigiLence, entreprise spécialisée dans la transformation digitale, ont tout d’abord tenu, en guise d’introduction, à rappeler l’importance du digital dans la Supply Chain.  

Et pour cause, ces dernières années, 40 % des entreprises ont mis en place une approche omnicanal et recherchent dorénavant à optimiser les process associés. À contrario, seuls 2% des sondés s’estiment actuellement transformés et digitalisés. Un paradoxe fort qui souligne la nécessité de les accompagner dans ce travail de longue haleine et ce, au travers d’objectifs priorisés et réalisables.  

 

La Supply Chain prend une place prépondérante dans les entreprises 

Les entreprises sondées sont d’ailleurs une sur deux à considérer que la Supply Chain aura un rôle décisif dans leurs organisations.  Plus précisément, 71% pensent qu’elle sera l’élément clé pour conquérir de nouveaux marchés et développer leur chiffre d’affaires.  

Portée par la transformation digitale, la fonction se trouve ainsi en première ligne des préoccupations des entreprises, quittant la sphère uniquement opérationnelle. « L’ensemble des Supply Chain Managers interrogés affirment que leurs organisations comptent sur eux pour contribuer à cette transformation et faire évoluer l’offre globale de l’entreprise », souligne Jean-Marc Soulier, CEO de Métis Consulting – Wavestone. 

 

Supply Chain digitale : 15 thématiques, un enjeu majeur : la data 

RPA, IoT, impression 3D, traçabilité, gestion de la relation client, IA, robotisation… Les projets mis en œuvre dans le cadre de la digitalisation de lSupply Chain sont nombreux. Afin d’en mesurer leur intérêt auprès des sondés, le LAB Digital de l’ASLOG a cherché à évaluer leur maturité selon les sujets. Rouge pour les thématiques sur lesquelles les entreprises ne travaillent pas encore, jaune pour celles en phase de test ou de POC, bleu pour les démarches structurées et vert pour des travaux déjà opérationnels.  

Et force est de constater que parmi les 15 thématiques affichées, il en est une qui met tout le monde d’accord : la data. Si aucune entreprise ne considère maîtriser pleinement le potentiel des données, toutes sans exception travaillent sur le sujet et remettent de l’ordre en interne mais également avec leurs partenaires puisque 46 % d’entre elles ont mis en œuvre des API sur le sujet et 13 % ont par ailleurs étendu le S&OP à leurs partenaires« La data est le carburant de la digitalisation, il n’est donc pas étonnant qu’elle soit au cœur de tous les chantiers », note François Martin-FestaVP Digital Customer Experience – Offer Data and Digital Order management de Schneider Electric.  

Parallèlement, sur les nouvelles technologies, si la situation sur l’IoT reste encore contrastée - 24 % ont un projet en cours, 32 % aucun et 39% cherchent le bon business case – l’intelligence artificielle reste assez peu développée – 12 % ont des capacités d’IA opérationnelles – malgré un important potentiel, notamment en intralogistique.  Ainsi, l’automatisation, de plus en plus répandue, permet pour sa part de générer davantage de données, d’où la nécessité d’y intégrer plus d’intelligence artificielle dans les années à venir et de développer ainsi la RPA (Robotic Process Automation) 

 

 

Un secteur en quête de sponsorship 

Néanmoins, malgré une accélération des réflexions et des projets, un certain nombre de freins à la transformation digitale des Supply Chain demeurentPour 63% des sondés subsiste un manque de capacité d’exécution, notamment en matière de gestion des données, d’infrastructure IT et de disponibilité des ressources… Selon les entreprises interrogées, 53 % des directeurs généraux n’ont pas encore pris la pleine mesure du sujet, faisant émerger une problématique de sponsorship. 

Ainsi, les organisations peinent encore à évoluer : 23 % étant sans feuille de route clairement définie ou le sujet n’étant pas à l’ordre du jour du PDG dans 32,5% des cas« Le paysage technologique s’avère particulièrement vaste et changeant. De multiples solutions naissent ces dernières années, rendant de plus en plus complexe le choix des entreprises dans ce grand champs des possibles. D’autant que ce type de projets n’impacte pas seulement les process, il touche aussi les métiers et l’organisation même de l’entreprise », signale Jean-Marc Soulier. « L’erreur à ne pas commettre est de partir de la solution technologique plutôt que d’une problématique clairement définie »insiste William Zanotti, co-fondateur et CEO de DigiLence.  

La clé ? Effectuer un travail de mapping en fonction des besoins et des objectifs de l’entreprise. Puis démarrer par des use cases pour vérifier la faisabilité des projets 

 

Accompagner et orienter les entreprises vers une digitalisation efficiente de leur Supply Chain  

Pour ce faire, dès 2020, les entreprises seront accompagnées. C’est en tout cas le but des acteurs du LAB Digital de l’ASLOG, qui traiteront chaque mois, au travers de réunions, de visites, de témoignages et d’une conférence « best of », cinq thèmes clairement identifiés : l’IA, le RPA, le Data Exchange, l’IoT et les Supply Chain Innovation Lab. 

À titre d’exemples, en avril, Le LAB s’interrogera sur la façon dont les échanges de données permettent d’éviter et de gérer les crises sur les Supply Chain électroniques amont, et ce grâce à l’intervention d’experts tels que Karine Samuel, chercheur à l’INP de Grenoble et directrice du comité scientifique ASLOG. En octobre, il organisera également la visite du Supply Chain Innovation Lab d’un acteur majeur du secteur automobile afin de « comprendre leur logique et apprendre comment passer du POC à des phases de déploiement à l’échelle », détaille François Martin-Festa.  

L’ambition derrière ces initiatives ? Offrir une zone de partage et d’échange autour des thématiques de la transformation digitale, le tout axé sur des cas concrets pour accompagner les PME et les ETI du secteur dans leur évolution.  

 

Rendez-vous donc dès janvier pour démarrer 2020 sous le signe du… digital.