L’Aslog et Heidrick & Struggles révèlent les résultats d’une enquête sur les RH en supply chain

L’Aslog et Heidrick & Struggles révèlent les résultats d’une enquête sur les RH en supply chain

L’association et le cabinet de recrutement publient les résultats d’une étude menée en 2019 auprès de plus d’une soixantaine d’entreprises, mettant en lumière les besoins en matière de ressources humaines du secteur face à ses enjeux de digitalisation et de RSE.

Lors de l’été 2019, le réseau des  professionnels de la supply chain et de la logistique Aslog a mené, en partenariat avec le cabinet de conseil mondial de recrutement de cadres Heidrick & Struggles, une enquête auprès de 63 entreprises adhérentes de l’association. De toutes tailles, ces sociétés représentaient plus de 1,5 millions de salariés en effectif cumulé. Les résultats de cette étude Ressources humaines en supply chain menée avant la crise sanitaire et tournant autour de trois grandes thématiques (le recrutement, la formation et le parcours des dirigeants), témoignent des enjeux des entreprises en matière d’attractivité des talents. Il en ressort que, compte tenus des enjeux de digitalisation et de RSE qui animent la filière, la supply chain fait face à de nouvelles probématiques. À ce sujet, parmi leurs préoccupations majeures, les acteurs interrogés citent pour près de la moitié (49 %) l’automatisation, tandis qu’ils sont 39 % à considérer comme un enjeu prioritaire le développement durable et 28 % les questions de traçabilité.  Néanmoins, en matière d’attraction et de fidélisation des talents, « 40 % des acteurs interrogés estiment ne pas avoir les outils nécessaires, notamment en termes de communication, pour promouvoir les opportunités professionnelles offertes », indiquent les deux acteurs dans un communique commun.

À la recherche de talents et de soft skills

L’enquête montre que les métiers de la supply chain pâtissent encore d’un trop grand déficit d’image auprès des nouvelles générations.  57 % des acteurs interrogés considèrent ainsi le recrutement comme un enjeu important pour la fonction supply chain et, si ils sont conscients qu’ils doivent développer la mobilité et les promotions internes, seuls 48 % estiment qu’ils ont la capacité de fidéliser les collaborateurs et de les accompagner tout au long de leur vie professionnelle. Un accompagnement qui passe aujourd’hui essentiellement par la formation externe (79,5 %) ou interne (76 %). Le recrutement externe est lui de plus en plus complexe face à un un manque de ressources humaines disponibles sur le marché ainsi qu’une pression concurrentielle forte. Plus de la moitié des entreprises interrogées estiment plutôt faible leur capacité d’attraction des talents, notamment pour 40 % d’entre elles parce qu’elles ne possèdent pas les outils nécessaires en termes de communication. « Face à ces enjeux de recrutement, il est important pour les entreprises de promouvoir la diversité afin de développer un vivier plus riche de professionnels et intégrer de nouvelles compétences. D’autre part, il faut que les acteurs investissent dans des actions de communication pour renforcer l’attractivité des métiers supply chain, souvent méconnus auprès des jeunes diplômés, en capitalisant sur la période d’urgence sanitaire pendant laquelle ils ont été en seconde ligne, à l’appui de l’action des soignants. Pour finir, un des enjeux clés est de capter dès la formation initiale les meilleurs talents et leur proposer des expériences à forte valeur ajoutée, en lien notamment avec le big data, l’intelligence artificielle ou encore le développement durable, variables permettant à la supply chain de devenir plus performante, durable et résiliente au sortir de la crise », commente Philippe Raynaud, en charge du Lab Ressources Humaines de l’Aslog.

Pour 70 % des personnes interrogées, le développement de nouvelles compétences est une priorité face aux nouveaux enjeux de digitalisation et de transition écologique. Une situation les conduisant à se rapprocher de plus en plus des écoles dans une relation gagnant-gagnant combinant adaptation des programmes aux besoins métier et accueil d’alternants et de stagiaires… 46 % des répondants considèrent ainsi que les filières de formation sont un levier important à activer pour attirer les futurs collaborateurs.La montée en compétence les collaborateurs en matière de soft skills est également vue comme un levier de performance durable. Néanmoins, seulement 47,5 % des acteurs interrogés considèrent avoir les moyens de faire évoluer leurs RH vers l’acquisition et le développement des soft skills, contre 73 % pour les hard skills.

La fonction supply chain pour accéder au top management

Autre grand enseignement de cette étude : les directeurs supply chain ont tendance à devenir des acteurs de premier plan de la transformation des organisations, les ouvrant de plus en plus aux fonctions de direction au sein des entreprises, « les postes de PDG n’étant plus désormais réservés aux seuls directeurs financiers, marketing ou commerciaux », explique le communiqué. « Alors que la crise a révélé sans ambiguïté la volatilité et l’incertitude qui caractérisent notre économie mondialisée, les compétences supply chain et logistiques s’affirment comme essentielles pour la compréhension globale et le pilotage des entreprises, au même titre que le marketing et la finance. Ainsi, les directeurs supply chain, qui se sont illustrés par leurs décisions stratégiques et leur influence au sein des Comex pendant la pandémie, deviennent peu à peu des acteurs de premier plan de la transformation des organisations, en tant que pilotes de la performance et concepteurs de nouveaux modèles pour accélérer la croissance et affronter les défis de l’après-Covid-19 », illustre Claire Babel, partner au sein des practices Consommation & Supply Chain du cabinet Heidrick & Struggles. Une tendance qui va en s’accélérant appuie l’étude Route to the top 2019 d’Heidrick & Struggles, qui montre que  19 % des PDG nommés il y a moins d’un an ont occupé précédemment un poste au sein des opérations, contre seulement 5 % pour les PDG nommés il y a plus de 15 ans.

Article rédigé par charlotte Cousin pour Voxlog