Les maîtres-mots de la RSE en Supply Chain

Les maîtres-mots de la RSE en Supply Chain

À l’occasion des Rencontres Internationales de la Supply Chain (RISC) 2019, l’ASLOG a souhaité démontrer les engagements des acteurs du secteur en matière de responsabilité sociétale des entreprises.  Retours d’expérience autour d’une supply chain pensée pour une satisfaction durable et responsable.

La gouvernance

Axelle Hallu, Directrice des achats solidaires de L’Oréal

« Via les achats solidaires, notre objectif est de replacer l’humain au cœur du business. Grâce à notre puissance d’achat, nous disposons d’un véritable levier pour agir contre toutes les discriminations et les inégalités au travail », entame Axelle Hallu, directrice des achats solidaires de L’Oréal. Donner l’accès à l’emploi à des personnes qui en sont habituellement écartées ou augmenter le revenu de toutes celles qui souffrent fait partie de notre responsabilité ». Depuis neuf ans, le groupe L’Oréal s’est engagé dans un certain nombre d’actions de réductions des inégalités et de lutte contre les discriminations. Grâce au concept de « solidarity sourcing », ce sont quatre fois plus de personnes qui travaillent à temps plein pour le groupe chez ses fournisseurs que dans ses propres effectifs. À l’horizon 2020, L’Oréal s’est ainsi fixé de donner accès à l’emploi à 100 000 personnes. « Les 700 acheteurs du groupe ont parmi leurs objectifs d’améliorer les réductions de carbone, la protection de l’eau, des forets et la biodiversité mais aussi de lutter contre ces discriminations et ces inégalités qui ne font que croître. Ce sont elles qui demain, seront le terreau de migrations économiques et de conflits entre les populations. Leur impact social est tout aussi urgent que l’impact écologique », affirme Axelle Hallu. Le levier clé de cette stratégie d’achats solidaires ? La gouvernance. Le programme, porté en haut lieu, se répercute ainsi concrètement dans les décisions business.

La collaboration

Latifa Gahbiche, PDG de CHEP France

 Spécialisé dans la gestion et location de palettes via un système nativement basé sur l’économie circulaire, Chep a construit sa vision RSE autour de trois piliers : la mutualisation, la santé et le bien-être au travail ainsi qu’une politique top employeur solide. Parmi les nombreuses initiatives et actions mises en place, l’entreprise travaille notamment sur une question fondamentale de son métier : Comment transporter plus avec moins ? Premier élément de réponse : une culture du partage de la supply chain au travers d’une plus grande collaboration inter-acteurs : « Nous mettons en place des solutions simples entre nos clients et nous-mêmes, mais également pour les clients entre eux », explique Latifa Gahbiche. Exemple ? « Un industriel envoyait des produits au départ de son usine dans des wagons et ceux-ci revenaient à vide. Parallèlement, Chep livrait cet industriel avec des camions. Nous avons mutualisé les processus et éliminé 741 camions », illustre-t-elle. Parallèlement, grâce à la connaissance des flux de ses clients et à l’aide d’un logiciel d’optimisation développé en interne, Chep peut désormais identifier les boucles possibles entre eux afin d’améliorer leur efficacité transport. Objectif de ces actions ? Eradiquer les km à vide et augmenter la capacité des camions. Le tout sur la base d’une conviction profonde : « La collaboration entre tous les acteurs est nécessaire pour une meilleure durabilité de la supply chain »

Le pilotage

Florence UGHETTO, Experte « Sustainable Supply Chain » au sein du Groupe RENAULT

 Chez Renault, l’environnement, l’inclusion, l’éthique et la gouvernance ainsi que la mobilité durable constituent les quatre piliers de la RSE du groupe. En termes de supply chain, si l’activité ne représente que 2,5 % de l’empreinte carbone du groupe, Renault entend, à travers sa démarche RSE, déployer une logistique tout aussi efficace et durable, en intégrant à la notion d’efficacité, celle du coût. « Cela n’est pas antinomique, bien au contraire. Nous devons porter le message qu’une logistique durable est forcément productive et efficace », démarre Florence Ughetto. Ainsi, la direction supply chain, s’est fixée un objectif de réduction de 6 % des émissions de CO2 par véhicules entre 2016 et 2022. Cette initiative inscrite dans le plan global du groupe Renault entend diminuer de 25 % ses émissions de CO2 d’ici à 2022. « Nous sommes un des maillons de cette stratégie et effectuons le monitoring de ces réductions d’émissions via un reporting mensuel. À chaque nouvelle idée pour poursuivre notre objectif, nous lançons une fiche d’impact qui nous permet d’évaluer les coûts au regard des économies générés en termes de CO2 », détaille Florence Ughetto. Sur les trois autres leviers RSE du groupe, les acteurs de la supply chain ont d’ores et déjà décliné les actions à mener : « Nous devons désormais hiérarchiser les actions, définir les indicateurs de suivi et prendre une photo à un instant T afin de se fixer des objectifs à mener chaque année. Nous voulons structurer toutes les idées qui émanent de nos différents métiers et de réaliser un road map RSE dès janvier 2020 », conclut-elle.

L’implication de tous

Odile MAAREK – Directrice Organisation, Méthodes & RSE, BOLLORE

L’an dernier chez Bolloré Logistics, les actions RSE, déjà initiées depuis de nombreuses années, se sont structurées au travers d’un programme dédié constitué de quatre piliers : éthique, social, environnemental et sociétal. « Pendant un an, nous avons remis à plat les politiques, les plans d’action, les indicateurs, les bilans carbone… Aujourd’hui, il est temps de décliner ce plan d’actions vers nos 106 pays et 20 000 collaborateurs », affirme Odile Maarek. Pour marquer le déploiement de son plan, Bolloré Logistics a imaginé un challenge baptisé « Act Together », lancé à la rentrée 2019 : « nous proposons à tous les pays d’initier des actions pour faire avancer le développement du plan », précise Odile Maarek. Quatre types d’actions sont envisagées, celles valables pour l’intégralité des pays, comme la construction de plans de transport pour une logistique contractuelle plus durable ; des actions plus ou moins pertinentes selon les pays ; des actions lancées par le top management et enfin des initiatives individuelles. Pour faciliter cette démarche durable et internationale, l’entreprise a créé une plateforme digitale qui comportera tous les documents relatifs au challenge, le classement de tous les pays ainsi que l’avancement des projets.

RISC 2019 - La RSE en pratique dans nos organisations