OEMSERVICES et la logistique de l’Aéronautique à l’honneur dans Air&Cosmos

OEMSERVICES et la logistique de l’Aéronautique à l’honneur dans Air&Cosmos

« La logistique est le coeur de nos compétences »

OEMSERVICES N’A PAS FINI D’ÉLARGIR SON EMPREINTE MONDIALE. AU SOUTIEN DE SES ACTIONNAIRES S’AJOUTE UNE CONNAISSANCE AIGUISÉE DES BESOINS DES COMPAGNIES AÉRIENNES.

La logistique est-elle un des métiers d’OEMServices ou le coeur de ses différents métiers?

La logistique est d’abord un de nos produits, puisque nous vendons de la logistique. Nous la vendons vers les équipementiers. Un autre de nos produits est le support équipements MRO vers les compagnies aériennes où OEMServices intègre les supports des équipementiers. De fait, nous intégrons aussi la logistique équipementiers dans nos contrats de supports équipements. Finalement, la logistique est à la fois un de nos produits et le coeur de nos compétences. La performance logistique est au coeur des contrats. C’est une valeur ajoutée standard et nécessaire. Par exemple, livrer un AOG en quatre heures est aujourd’hui un standard très établi dans notre secteur, et cela a même tendance à se réduire actuellement.

Quelles sont les clefs d’une bonne logistique?

Il faut d’abord avoir une implantation qui corresponde aux besoins des clients. OEMServices n’est pas un prestataire logistique généraliste, issu du monde du transit. Nous sommes un spécialiste aéronautique et notre stratégie a été de nous déployer sur les continents tels qu’ils et gérons toute l’activité logistique, apportant toute notre activité clients. Aux Etats-Unis, nous avons commencé là aussi nos activités chez Thales. Mais, l’année dernière, nous avons monté par nous-mêmes un gros entrepôt à Atlanta. Nous réalisons plusieurs prestations de distribution, et en particulier celles de Zodiac Aerospace Services. Stratégiquement, Atlanta nous intéressait, car bien localisé entre l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud. Nous avions également en ligne de mire le déploiement de nos contrats supports équipements pour les compagnies aériennes de cette partie du monde.

Et la Chine?

Nous y travaillons. Nous avons des demandes de support logistique de la part d’équipementiers et nous avons commencé une étude du modèle économique. Nous y travaillons très sérieusement.

Comment identifie-t-on les bons partenaires pour bâtir sa chaîne logistique?

Nous essayons de travailler en partenariat avec nos équipementiers ou bien seuls. Cela dépend des effets d’échelle. En France, par exemple, OEMServices est très intégré. Nous avons les certifications de déclaration de matières dangereuses, nous sommes déclarants en douane et nous sommes mêmes agents IATA. Nous avons donc une capacité d’intégration très importante qui peut limiter le recours à des prestataires.
Dans d’autres territoires, nous sommes moins intégrés et nous travaillons avec des partenaires logisticiens locaux ou des filiales locales des logisticiens internationaux, sur des navettes de proximité ou du dédouanement, par exemple. En termes de transport, nous travaillons beaucoup avec les intégrateurs, car nous sommes souvent sur des équipements dont la taille justifie de travailler avec des intégrateurs comme UPS, DHL, FedEx

OEMServices a démarré avec les programmes avions Airbus, mais le support s’est depuis étendu à d’autres plateformes?

Sur l’activité support équipements vers les compagnies aériennes, nous avons commencé avec Airbus et nous avons étendu par la suite. Même sur les avions russes. Pour la partie support logistique, OEMServices est le logisticien d’équipementiers. Par conséquent, ces derniers nous confient les équipements qu’ils ont besoin de positionner dans les territoires. Et là, cela peut être très varié. Ce n’est pas forcément de l’Airbus. Nous traitons aussi de l’hélicoptère. Nous répondons à leurs attentes et nous sommes leur centre de services sur les territoires en fonction de leurs besoins.

Comment l’arrivée d’un nouvel avion dans les flottes se prépare-t-elle en amont chez OEMServices?

Prenons l’exemple de l’Airbus A350. C’est une nouvelle plateforme et nous nous positionnons comme
intégrateur de supports vers les compagnies aériennes. OEMServices est devenu l’un des premiers mondiaux en support. Nous avons acheté des stocks.
Nous avons également mis en place des accords de partenariats avec des équipementiers. Enfin, nous avons positionné les stocks partout dans le monde où cela était nécessaire, en fonction des contrats clients. Plus on signe de contrats avec les compagnies aériennes en intégrant les équipementiers comme fournisseurs, plus une synergie se met en place et ces équipementiers utilisent après nos services en tant que clients pour stocker les pièces dans nos entrepôts. Avec d’autres équipementiers, nous sommes interrogés très en amont sur des projets de mise en place de supply chain vers leurs clients dans des contrats qu’ils ont eux-mêmes signés. Très en amont, nous allons donc travailler sur tous les processus de services qu’ils doivent à leurs clients, sur les positions de stocks mondiaux et l’interface avec leurs clients. Nous fournissons aussi parfois tout le front desk vers leurs clients.

On évoque souvent l’usine du futur, le hangar 4.0 en termes de MRO. Cela vaut-il aussi pour la logistique?

C’est un sujet très à la mode. Je suis membre du conseil d’administration de l’Association française de la logistique et c’est un sujet dont j’entends aussi parler de manière transverse dans l’ensemble des secteurs. Il y a d’abord des aspects physiques.
La logistique physique évolue au rythme des innovations techniques, donc l’évolution est relativement lente. Les systèmes de transstockeurs existent depuis les années 1970 et il s’agit de systèmes dont les conceptions sont relativement anciennes. Evidemment, le matériel évolue, il est plus fiable et surtout beaucoup plus connecté à des softwares.
La partie qui évolue le plus aujourd’hui sont les softwares. La digitalisation est en train de prendre une part très importante dans tous les processus logistiques, car nous sommes très impactés par tout ce qui touche à l’informatique. Notre cahier à spirales, ce sont tous les systèmes d’information. Les enjeux sont d’améliorer l’efficacité en termes de délais de traitement et d’améliorer la productivité du traitement, donc le coût du traitement.

Les logiciels sont-ils encore en capacité d’offrir des marges de progression?

Nous ne partons pas de rien. Nous sommes plutôt dans de l’amélioration continue que dans du big bang. Mais cela se joue aussi dans l’organisation du travail.
Il faut, à un moment donné, arriver à connecter l’organisation du travail et la maturité des équipes avec les outils que l’on utilise. Je vous donne un exemple : nous avons deux activités miroir entre Paris-Charles de Gaulle et Atlanta.
A Paris, nos équipes sont plus matures, plus anciennes et la polyvalence des équipes n’est pas la même, donc on peut aller beaucoup plus loin dans l’autonomie et l’organisation du travail, et donner une inspiration pour notre centre américain. L’organisation ultime étant de mettre en place des îlots de travail où l’on évite les contrôles, un peu comme cela se faisait dans l’automobile, avec de l’auto-contrôle permanent.

Et l’entrepôt 4.0 ?

Nous regardons beaucoup de choses. Nos entrepôts sont assez traditionnels. Dans le monde aéronautique, sur la partie rotables, nous sommes sur des stockages qui ne nécessitent pas une forte densification sur de toutes petites pièces. Donc, c’est plus simple, mais cela ne signifie pas qu’il n’y a pas d’outils intéressants à creuser. Beaucoup d’innovations sont présentées, certaines un peu originales comme des chariots qui vous suivent. De notre côté, nous déployons progressivement des petits outils innovants. Et surtout les systèmes d’information associés.

Propos recueillis
par Yann Cochennec