Le ventilateur tourne à plein régime, le PC rame, et le Gestionnaire des tâches pointe toujours le même coupable : Windows Modules Installer Worker, parfois affiché sous le nom TiWorker.exe. Ce processus apparaît sur Windows 10 et Windows 11, et il déclenche régulièrement des pics à 50 %, 80 %, voire 100 % d’utilisation processeur ou disque. Avant de chercher à le tuer, il faut comprendre ce qu’il fait. Le désactiver sauvagement casse Windows Update et expose la machine à des failles de sécurité non corrigées.
Ce que fait réellement Windows Modules Installer Worker
Windows Modules Installer Worker est un composant officiel du système, rattaché au service TrustedInstaller. Son fichier exécutable, TiWorker.exe, est stocké dans C:\Windows\WinSxS\. Toute version trouvée ailleurs (dans Temp, AppData ou un dossier utilisateur) doit être considérée comme suspecte. Un clic droit sur le processus dans le Gestionnaire des tâches, puis « Ouvrir l’emplacement du fichier », permet la vérification en deux secondes.

Sa mission est précise : détecter, télécharger, installer et désinstaller les mises à jour Windows, ainsi que les composants optionnels comme le .NET Framework. Il intervient aussi pendant un nettoyage de disque qui inclut l’option « Nettoyage de Windows Update ». Couper TiWorker.exe pendant cette opération fait échouer le nettoyage et conserve plusieurs gigaoctets de fichiers temporaires sur le système. Ce n’est pas un virus, et aucune campagne de malware connue ne se cache durablement sous ce nom dans le bon dossier système.
Pourquoi la consommation grimpe autant
Le scénario typique : le service scanne les serveurs Microsoft, télécharge un patch cumulatif de 600 Mo à 4 Go, puis recompose les fichiers système. Cette dernière étape sollicite massivement le CPU et le disque. Sur un SSD NVMe, le pic dure rarement plus de 10 à 20 minutes pour une mise à jour mensuelle. Sur un disque dur mécanique de 5 400 tr/min, comptez 45 minutes à 2 heures pour le même patch, et parfois 3 à 4 heures pour une mise à jour de fonctionnalités comme 23H2 ou 24H2.
Trois situations sortent de la norme et justifient une intervention :
Le pic dure plus de 2 heures sur un PC pourtant équipé d’un SSD. Cas classique d’un cache SoftwareDistribution corrompu après une coupure de courant ou un arrêt forcé.
Le processus revient toutes les 5 à 10 minutes, sans qu’aucune mise à jour ne soit installée. Signe d’un fichier système endommagé qui empêche la finalisation.
Le disque reste à 100 % d’utilisation alors que TiWorker.exe ne consomme que 2 % de CPU. Symptôme fréquent d’un disque dur en fin de vie, à vérifier avec CHKDSK ou un outil SMART.

Sur une réinstallation propre de Windows, l’activité massive est normale et peut durer plusieurs heures cumulées. Le système doit installer 6 mois à 2 ans de correctifs accumulés. Mieux vaut laisser tourner la nuit que d’interrompre.
Solutions concrètes pour reprendre la main
Lancer l’utilitaire de résolution Windows Update
C’est la première étape, gratuite et automatique. Sous Windows 11 : Paramètres > Système > Résolution des problèmes > Autres utilitaires > Windows Update > Exécuter. L’analyse prend 3 à 5 minutes et règle environ 4 cas sur 10, principalement les blocages liés à des composants désactivés ou à un cache mal positionné.
Vider le dossier SoftwareDistribution
L’opération qui résout la plus grande part des cas chroniques. Elle consiste à arrêter le service Windows Update, supprimer le contenu d’un dossier de cache, puis relancer le service. Concrètement, dans une invite de commandes en mode administrateur :

